Cinquante ans après Apollo 11, l'Europe bientôt sur la Lune

Auteur(s)
Victor Lefebvre
Publié le 19 juillet 2019 - 14:36
Mis à jour le 20 juillet 2019 - 14:28
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Andreas Mogensen, Samantha, Cristoforetti, Thomas Pesquet et Timothy Peake, membres du corps des astronautes de l'ESA.
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Andreas Mogensen, Samantha Cristoforetti, Thomas Pesquet et Timothy Peake, quatre des sept astronautes de l'ESA susceptibles d'aller un jour sur la Lune.
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Alors que l'humanité fête le 50ème anniversaire d'Apollo 11, plusieurs agences spatiales préparent des nouvelles missions et l'établissement sur la Lune. Moins visible que ses homologues américain et russe, l'Agence spatiale européenne est et sera pourtant impliquée dans ces programmes, rappelle à France-Soir Claudie Haigneré, première européenne dans l'espace. L'apport technologique et scientifique de l'ESA devrait permettre d'envoyer des Européens, et peut-être un Français, sur la Lune d'ici quelques années.

Cinquante ans après les premiers pas de Neil Armstong, 47 ans après les derniers pas d'Eugene Cernan (Apollo 17), l'homme est de nouveau sur le point d'aller sur la Lune. "Les astronautes de la Lune sont déjà sélectionnés et entraînés", déclare à France-Soir Claudie Haigneré, première Européenne dans l'espace et conseillère du Directeur général de l'Agence spatiale européenne (ESA).

Depuis quelques années, une nouvelle "course à la Lune" semble s'être engagée. Les ambitions chinoises ont aiguillonné les Américains. De prime abord on pourrait croire que l'Europe sera à nouveau absente de cette aventure. Un déficit d'image qui peut faire oublier l'implication de l'ESA, acteur incontournable de l'exploration spatiale.

Certes "les objectifs des agences spatiales européenne canadienne ou japonaise sont essentiellement des objectifs de coopération. L'idée de tout faire tout seul ne fait pas partie leur état d'esprit", relève Claudie Haigneré. L'ambition n'est pas de planter un drapeau et de revendiquer une victoire comme dans les années 1960.

Voir: Apollo - 17 missions entre 1966 et 1972

Mais l'ESA sera bien présente dans la nouvelle exploration de la Lune. Elle l'est déjà notamment à travers sa coopération pour les missions russes Luna avec un orbiter puis un atterrisseur qui doit forer le sol lunaire, ou via des discussions avec les agences américaines et chinoises pour apporter son expertise scientifique et technologique. Surtout, le véhicule spatial Orion de la NASA qui doit envoyer des hommes sur le satellite naturel en 2024 fonctionne grâce au module de service ESM (European Service Module) créé par l'ESA et les industriels européens. Il est "essentiel" pour la faisabilité de la mission.

A quand alors des astronautes européens et peut-être un Français sur la Lune? "Les premiers seront américains", tranche Claudie Haigneré. Mais la représentation de l'Europe "fait évidemment partie des discussions". Et c'est en étant "ambitieuse" et "en apportant des éléments essentiels créant de l'interdépendance" que l'ESA pourra espérer envoyer des hommes et des femmes sur la Lune.

Une nécessité pour entraîner "l'adhésion" populaire et politique. "La plus belle des missions automatiques ne va pas entraîner le même engouement que celle de Thomas Pesquet", résume-t-elle. Le Français pourrait-il faire partie d'un voyage? "Pourquoi pas, mais l'ensemble des astronautes de l'ESA (sept hommes et femmes actuellement) sont capables d'être des astronautes de la Lune ".

Petit bémol peut-être, un "déficit de voix européennes" pour "porter politiquement" ces projets, note Claudie Haigneré, rappelant l'impact des engagements de John Kennedy sur le programme Apollo. "Nous avons une occasion avec la conférence ministérielle de l'ESA en novembre prochain".

Voir: Apollo 11: le "Yes, we can" de John F. Kennedy en 1961

Envoyer des hommes et s'installer sur la Lune (une base chinoise pourrait s'y établir dès 2030) n'est pas qu'une affaire de représentation. Les robots et ordinateurs ont leur limite pour explorer un astre qui est une "archive" de notre système solaire et étudier l'espace depuis la Lune. Il s'agira aussi de préparer des missions sur Mars, qui seront nécessairement de longue durée.

Cela doit aussi avoir un impact sur Terre. "Vous vous installez sur la Lune, vous allez être obligé de collecter et stocker de l'énergie, gérer le mieux possible des ressources en quantité finie, recycler des déchets, apprendre à purifier l'eau…Des entreprises vont devoir développer des technologies en ce sens. Et ce sont des enjeux majeurs sur Terre, une source d'innovation et de créativité", détaille l'astronaute. Des entreprises comme Audi, Air Liquid ou Vinci ont déjà manifesté leur intérêt et se pencheraient déjà sur l'exploitation des ressources lunaires.

Il faudra cependant affiner le modèle économique et envisager de le faire évoluer le cadre juridique de la Lune (actuellement régi par le Traité de l'espace et certaines lois nationales), "pour faciliter les investissements tout en restant garant des objectifs pacifiques d'exploration, respectueux de ce patrimoine de l'Humanité".

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