Après le coq Maurice, des canards accusés de caqueter trop fort

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Après le coq Maurice, des canards accusés de caqueter trop fort

Publié le 02/09/2019 à 11:46 - Mise à jour à 17:38
© Iroz Gaizka / AFP
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Auteur(s): Par Laurent Czerniejewski - Soustons (France) (AFP)
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Après le coq Maurice qui chante trop tôt sur l'île d'Oléron, c'est au tour d'une cinquantaine de canards et d'oies d'être accusés, à Soustons dans les Landes, de caqueter trop fort.

Leur propriétaire doit comparaître en justice mardi devant le tribunal de Dax, mais selon les deux parties, le procès devrait être renvoyé.

Dans cette commune de 7.600 habitants sur la côte sud des Landes, un habitant a assigné sa voisine à comparaître. L'objet de son courroux ? "Le bruit incessant et d’autres nuisances que lui causeraient mes canards", indique à l’AFP Dominique Douthe, 67 ans.

La propriétaire des volailles, qui habite Soustons depuis plus de 30 ans, élève "une cinquantaine de canards et d'oies" dans ce lieu situé en pleine campagne, à moins de 300 m de l’étang de Hardy.

"Ce conflit a démarré il y a environ un an, lorsque ce voisin a acquis sa propriété", raconte Mme Douthe, "il est venu se plaindre du bruit de mes volailles deux fois par semaine du mois de juin jusqu’au mois d’octobre 2018".

Pour l'épouse du couple de plaignants, qui ne veut pas être identifiée, "lorsque nous avons visité la maison, en hiver", dit-elle à l'AFP, "les oies et les canards étaient moins nombreux, donc moins bruyants".

"Nous avions vu quelques animaux. Ce n’est que plus tard, lorsque les animaux sont revenus, que le bruit est devenu plus important", ajoute-t-elle.

- "On est dans les Landes !" -

Son époux a vu l'éleveuse trois ou quatre fois puis fait venir un acousticien qui a préconisé de déplacer l'enclos et construire un mur : "Nous n’avons plus eu de nouvelles de cette dame, plus de contact depuis le mois d’octobre".

Pour le couple, il ne s'agit pas simplement du bruit : "L’élevage est situé à proximité d’un cours d'eau qui se déverse dans une zone Natura 2000 dans laquelle il est interdit de parquer un élevage". "Ce qui nous semble important, c’est le respect de la réglementation sur l’environnement et c’est cela qui nous a motivés à poursuivre : les règles doivent être respectées par tout le monde", dit l'épouse.

Dans ce petit hameau, "de nombreuses maisons possèdent un coin pour l’élevage des volailles. On est dans les Landes tout de même !", s'emporte néanmoins une riveraine propriétaire de quelques poules.

L'éleveuse a contacté des associations de protection des animaux dont 30 Millions d’Amis et la Fondation Brigitte Bardot. Une pétition d'un "comité de soutien des canards d'Hardy" avait réuni samedi près de 5.000 signatures.

La maire de Soustons, Frédérique Charpenel, a écrit vendredi sur sa page Facebook qu'il était "absolument nécessaire, à Soustons et partout en France, de préserver les caractéristiques de la ruralité (agriculture, élevage, pêche, chasse, etc.)".

Mais "il me semble aussi nécessaire de ne pas tomber dans le panneau du repli sur soi, de ne pas déraper dans la caricature en pensant que les nouveaux arrivants ne pourraient pas s'intégrer ou nous feraient perdre notre âme".

Plusieurs affaires de bruits ruraux, de coq comme Maurice dont le jugement sera prononcé jeudi à Rochefort, de cloches qui sonnent ou de grenouilles qui coassent, ont agité les campagnes récemment.

Le maire du petit village de Gajac en Gironde a même proposé de faire classer ces bruits au patrimoine national et fondé l'association L'Echo de nos campagnes, pour "protéger notre monde rural et nos traditions".

Auteur(s): Par Laurent Czerniejewski - Soustons (France) (AFP)

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Dominique Douthe nourrit ses oies et ses canards, à Soustons (Landes), le 2 septembre 2019

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