Un séropositif sous traitement efficace ne transmet pas le VIH, selon une étude

  •  Vous appréciez FranceSoir, soutenez son indépendance !  

Un séropositif sous traitement efficace ne transmet pas le VIH, selon une étude

Publié le 03/05/2019 à 16:10 - Mise à jour à 19:38
© JUAN BARRETO / AFP/Archives
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): Par Amélie BAUBEAU - Paris (AFP)
-A +A

Une personne séropositive traitée efficacement ne transmet pas le virus du sida. Une étude confirme vendredi cette affirmation, martelée depuis des années par les organisations de lutte contre le VIH, et montre l'importance d'un meilleur accès aux traitements pour enrayer l'épidémie.

Cette recherche de grande ampleur, menée dans 14 pays européens, a suivi pendant huit ans environ 1.000 couples d'hommes ayant des rapports non protégés et où l'un des partenaires est séropositif mais avec une charge virale indétectable, grâce aux médicaments antirétroviraux.

Résultat: aucun cas de transmission du VIH n'a été observé au sein de ces couples, conclut l'article, publié dans la revue britannique The Lancet.

Ces conclusions renforcent celles auxquelles les chercheurs étaient parvenus lors de la première phase de l'étude, publiée en 2016. Mais ils avaient alors estimé qu'on ne pouvait pas totalement exclure un risque de transmission, particulièrement pour des rapports anaux sur une période plus longue.

Cette fois, "nos résultats apportent une preuve concluante pour les hommes gays que le risque de transmission du VIH avec une thérapie antirétrovirale qui supprime la charge virale est de zéro", estime Alison Rodger, professeure à l'University College London, qui a codirigé l'étude.

- "U = U" -

Le principe selon lequel une personne sous traitement ne transmet plus le virus, résumé par le slogan "U = U" (pour "undetectable equals untransmittable", en anglais), est défendu depuis plusieurs années par les associations de lutte contre le sida.

Cette nouvelle étude "peut nous aider à faire passer le message qu'il n'y a +pas de risque+", notamment auprès des médecins généralistes, estime Aurélien Beaucamp, président de l'association française Aides, interrogé par l'AFP.

Cette idée est apparue pour la première fois en 2008, dans un rapport de la Commission fédérale suisse pour les problèmes liés au sida (aujourd'hui CFSS), connu depuis sous le nom de "Swiss statement".

Après une vague initiale d'opposition, elle fait désormais partie intégrante de la stratégie d'organisations comme Onusida, qui vise la fin de l'épidémie d'ici 2030 en se basant sur trois piliers: que 90% des personnes contaminées soient au courant de leur séropositivité, que 90% de ces dernières aient accès aux antirétroviraux et que 90% des personnes sous traitement aient une charge virale indétectable.

Aujourd'hui, moins des deux tiers (59%) des personnes séropositives sont sous traitement, avec d'importantes disparités entre les pays occidentaux et les pays en voie de développement.

Dans un commentaire indépendant sur l'étude, Myron Cohen, l'un des pionniers des recherches sur l'efficacité des traitements du VIH pour réduire les contaminations, qualifie les résultats de la Pr Rodger et de ses collègues d'"importants" mais souligne qu'on ne peut pas baser la stratégie de prévention uniquement sur ce principe.

"Il n'est pas toujours facile pour les gens de se faire dépister ou d'avoir accès aux soins, de plus, la peur, la stigmatisation, l'homophobie (...) continuent à entraver les traitements du VIH", souligne le Pr Cohen (université de Caroline-du-Nord, Etats-Unis).

Parmi les limites de leurs recherches, les auteurs notent que la majorité des participants séropositifs étaient sous antirétroviraux depuis plusieurs années, et qu'ils disposaient donc de "données limitées sur le risque de transmission au cours des premiers mois de thérapie antirétrovirale".

"La difficulté, c'est que c'est pendant la période précoce de l'infection qu'une transmission du VIH a le plus de probabilité de se produire", note le Fonds mondial contre le sida, qui insiste pour cette raison sur l'importance de "faire davantage pour encourager les population à risque à se dépister".

Cette organisation espère lever 14 milliards de dollars à Paris en octobre pour financer ses actions, contre 12,2 milliards lors de la précédente réunion des donateurs en 2016.

Depuis le début de l'épidémie, 78 millions de personnes ont été infectées par le VIH et 35 millions en sont mortes.

Malgré les progrès de la prévention et des traitements, il y a eu encore 1,8 million de nouvelles contaminations en 2017 (contre 3,4 millions au pic de l'épidémie, en 1996) et près de 1 million de décès, soit moitié moins qu'en 2005.

Auteur(s): Par Amélie BAUBEAU - Paris (AFP)

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




Un homme avec le ruban rouge symbolisant le sida participe à la journée mondiale contre le sida à Caracas au Venezuela le 1er décembre 2001

Newsletter


Fil d'actualités Société




Commentaires

-