Fabien Roussel en campagne dans le Nord pour "l'union", après une présidentielle en solo

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Béatrice JOANNIS - Bruay-sur-l'Escaut
Publié le 03 juin 2022 - 21:46
Mis à jour le 04 juin 2022 - 15:57
Cet article provient directement de l'AFP (Agence France Presse)
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Fabien Roussel, candidat communiste aux législatives, le 2 juin 2022 à Bruay-sur-l'Escaut, dans le Nord
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AFP - FRANCOIS LO PRESTI
Fabien Roussel, candidat communiste aux législatives, le 2 juin 2022 à Bruay-sur-l'Escaut, dans le Nord
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"On s'est unis pour battre Macron": dans la 20e circonscription du Nord, le communiste Fabien Roussel fait campagne au nom de l'alliance de la gauche mais cite à peine Jean-Luc Mélenchon et doit affronter un dissident soutenu par des Insoumis locaux.

"Cette grande union, c'est suffisamment historique pour qu'on aille voter", "c'est un truc énorme, ça fait 25 ans que ça n'est pas arrivé". En bras de chemise, le secrétaire national du PCF, député sortant et candidat malheureux (2,28%) à la présidentielle fait du porte-à-porte dans les corons de Bruay-sur-l'Escaut.

Devant chaque seuil, il assure que malgré la réélection d'Emmanuel Macron, "c'est encore possible". Avec la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes),"on peut se rattraper, on peut se venger", en faisant basculer l'Assemblée nationale à gauche.

Smic à 1.500 euros, retraite à 60 ans, allocation pour les étudiants scandent l'argumentaire du candidat, "du côté des ouvriers".

L'usine Ascoval de Saint-Saulve ronfle de l'autre côté de l'Escaut. Dans cette circonscription où une fraction du bassin minier cohabite avec des territoires plus ruraux, Fabien Roussel marche dans les pas d'Alain Bocquet, député communiste pendant près de 40 ans et toujours maire de Saint-Amand-les-Eaux.

- "Principal adversaire" -

Il assure bénéficier d'un "capital sympathie" et de "bons retours" sur sa campagne présidentielle, malgré un score "difficile à avaler".

"La présidentielle nous a permis d'afficher nos différences. Le vote utile a bénéficié à un de nous quatre", ajoute-t-il, sans nommer Jean-Luc Mélenchon, avec lequel il garde ses distances.

Sur ses terres, le Rassemblement national atteint des sommets. A Bruay, Marine Le Pen a dépassé 64% au second tour de la présidentielle.

"Pour que je sois élu, il faut que je convainque une partie de cet électorat", résume Fabien Roussel, estimant que son maintien au second tour n'est pas acquis. "Mon principal adversaire dans cette élection, c'est l'abstention".

S'il avait été largement élu (63,88%) en 2017 face au FN, son rival d'extrême-droite l'avait talonné au premier tour, devant En Marche.

Comme en 2017, il devra aussi compter avec la candidature de l'ancien communiste Eric Renaud, soutenu cette fois par une partie des militants locaux de LFI, et des candidats PRG et LO, tandis que LREM devrait bénéficier de l'absence de LR.

- "Pas du tout sincère" -

Investi par LFI avant l'accord entre insoumis, socialistes, écologistes et communistes, Eric Renaud assure que "Roussel ne veut pas entendre parler de Mélenchon, on sent bien que (cette alliance) n'est pas du tout sincère".

"Il nous tape dessus pendant toute la présidentielle, il se prend une raclée et après il crie au rassemblement", s'insurge David Richer, candidat LFI dans cette circonscription en 2017 et désormais soutien d'Eric Renaud.

"Une chose est très simple, on a un accord national, qui s'appelle la Nupes et donc seuls les candidats qui peuvent se prévaloir de ce label sont soutenus par nous", balaie Adrien Quatennens, coordinateur de LFI et également député du Nord.

Pour la présidentielle, "j'étais avec le plus fort, Mélenchon, c'est logique", explique à l'AFP Riad, 41 ans, interpellé dans la rue par le candidat. Aux législatives, il votera Roussel, sans hésiter, même si cette grande alliance à gauche, "il aurait fallu la faire avant", estime ce conducteur de bus.

"Cette alliance, c'est bien, sinon on était mort", salue pour sa part Sylviane Quiez, retraitée qui a voté "Borloo" dans le passé mais vote communiste "depuis Fabien".

Elle est venue assister à la réunion publique animée dans la soirée à Raismes par le chef de file du PCF, qui y parle pouvoir d'achat, délocalisations, salaires des enseignants, déserts médicaux.

Mais pour le candidat du RN Guillaume Florquin, 29 ans, beaucoup d'électeurs de gauche ont voté "aux deux tours de la présidentielle pour Marine Le Pen" et beaucoup ont été aussi "déçus par les appels répétés de Fabien Roussel à voter Emmanuel Macron" au second tour.

"Il y a une vraie possibilité" pour le RN dans cette circonscription, veut-il croire.

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