Chronique N°61 – La vérité sur les événements indésirables des quatre vaccins anticovid

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Chronique N°61 – La vérité sur les événements indésirables des quatre vaccins anticovid

Publié le 01/06/2021 à 17:40
FS/Reuters
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Auteur(s): François Pesty, pour FranceSoir
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Heureusement qu’il y a la base de données publique Eudravigilance pour y voir plus clair. Les plus sûrs ne sont pas ceux auxquels vous pensiez…

Je dédie cette chronique à Serge Rader, pharmacien, lanceur d’alerte, brutalement disparu ces jours-ci. Il avait beaucoup alerté sur les vaccins.

Faut-il rappeler les mots forts prononcés par le Pr Fischer, président du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale anticovid-19, lors de la conférence de presse du 3 décembre 2020 avec le Premier Ministre Jean Castex ?

Pr Alain Fischer : Un point bref, je pense que c’est très important dans l’établissement, qu’il y ait une forme de contrat de confiance entre la population et cette possibilité de vacciner. C’est la pharmacovigilance, qui correspond à un certain nombre d’actions. Évidemment en premier lieu, celles de l’agence nationale de sécurité sanitaire du médicament, dont c’est une fonction de surveiller de façon très attentive, ce qui se passera chez les personnes vaccinées, pour s’assurer qu’il n’y ait pas d’événements indésirables. Ces derniers seraient éventuellement de faible fréquence, mais même s’ils étaient de très faible fréquence, il faut les détecter et y répondre. Donc, cette pharmacovigilance va s’exercer. On appelle ça parfois la vaccino-vigilance. Aussi, en parallèle, seront évaluées par l’INSERM notamment des cohortes de sujets vaccinés. Je crois que c’est important sur le plan de la recherche. Et je voudrais terminer d’un mot, mais qui est peut-être le plus important ; pour que cette vaccination soit efficace, il faut établir la confiance. Cette confiance, elle (ne) peut pas être juste un message, une espèce d’injonction verticale, émanant de vous, les autorités de l’État. Elle implique à mon avis l’ensemble des acteurs, et c’est absolument critique de travailler sur ces questions. En premier lieu les professionnels de santé, qui doivent être eux même convaincus par une communication transparente et complète sur l’analyse bénéfices/risques…

 

L’Interview d’Anne Sénéquier, diffusée sur France Info le 10 mai 2021, nous permet de prendre connaissance du contexte de la défiance dans certains pays envers les vaccins anticovid, plus particulièrement ceux d’AstraZeneca et Janssen, suites à des observations chez des sujets jeunes et principalement chez la femme, de thromboses fatales.

Retranscription de l’interview :

La surprise du chef en matière de vaccination, nous vient aujourd’hui d’Allemagne. Le vaccin Janssen, ce vaccin en une seule dose qui contient, comme AstraZeneca, un virus désactivé. Eh bien, il est maintenant proposé en Allemagne à tous les adultes, sans plus de restriction d’âge, dès 18 ans donc. Alors qu’en France, comme AstraZeneca, eh bien, c’est 55 ans minimum. Ceci pour éviter les risques de thromboses. Bonjour Anne Sénéquier. Vous êtes médecin psychiatre, co-directrice de l’observatoire de la santé mondiale, à l’IRIS, l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques. Chaque pays, fait un petit peu ce qu’il veut en la matière. Là, le ministre allemand de la santé parle d’une décision pragmatique. Comment vous, vous la qualifieriez cette décision allemande ?

AS, après un petit silence : L’Allemagne a envie d’augmenter sa campagne de vaccination justement pour se permettre d’avoir un été plus serein. Et c’est vrai que lorsque l’on regarde le bénéfice/risque de se faire vacciner avec le vaccin Janssen, comme c’est le cas aussi sur l’AstraZeneca, aujourd’hui le bénéfice est très largement en faveur de la vaccination. Donc, c’est vrai et vous l’avez dit, chaque pays réagit un petit peu selon ses propres inquiétudes. Il y a l’Islande, qui déjà vaccine avec le Janssen sans limitation d’âge, le Danemark…

Mais, l’Islande ne fait pas partie de l’Union Européenne…

AS, après un léger ricanement : Le Danemark dit, lui, qu’il n’en veut pas. Je pense qu’il faut être plus dans l’information aux patients. C’est vrai qu’aujourd’hui on a beaucoup de patients qui ne veulent pas se faire vacciner avec l’AstraZeneca ou avec le Janssen, notamment à cause du risque d’effet de thromboses. Ce dont il faut se souvenir, c’est que ce sont des effets qui sont très rares, et qu’aujourd’hui, si ce n’est une prédominance féminine associée à un âge inférieur à 60 ans, on n’a pas d’explication sur le mécanisme de survenue. Et surtout, on n’a pas de contre-indication formelle. Par conséquent, ce qui est important, plus que de dire « je n’en veux pas », aujourd’hui, c’est la surveillance post-vaccination. Et plutôt, informer les patients sur les potentiels symptômes qui pourraient revenir et sur lesquels il faut réagir très vite pour que justement on puisse prendre la thrombose, si jamais elle arrive, au moment où elle est encore traitable, sans que ça n’aille jusqu’au décès. On a aux États-Unis, sur 7 millions de vaccinés, 8 cas. Alors, vous savez, ça sera toujours 8 cas de trop, c’est vrai, mais sur ces 7 millions de personnes vaccinées, si elles n’avaient pas été vaccinées, combien seraient mortes [1]. C’est aujourd’hui là-dessus que l’on se base pour établir le rapport bénéfice/risque. Aujourd’hui, le bénéfice de la vaccination, ce n’est pas le risque d’avoir une thrombose, c’est justement de ne pas déclarer un covid grave, et décéder de suites de ce covid-là.

[1] Ce propos est totalement déplacé. On ne peut répondre à ce type de question que par des essais randomisés et contrôlés réalisés selon une méthodologie rigoureuse. Les résultats préliminaires publiés à ce jour pour les essais cliniques des 4 vaccins disponibles en France ne permettent absolument pas de conclure quoi que ce soit sur la mortalité. D’ailleurs, comme nous allons le découvrir, il est évident que parmi ces 7 millions de personnes vaccinées, un certain nombre sont décédés dans les jours qui ont suivis, en lien ou pas avec le vaccin utilisé. Ce type d’assertion n’a rien de scientifique et joue sur les peurs…

À vous entendre, la France est peut-être trop précautionneuse sur ce vaccin Janssen, comme elle l’est sur le vaccin AstraZeneca ?

AS : Oui, parce qu’on veut toujours être précautionneux. Dans une médecine préventive, on veut toujours apporter quelque chose de positif sans émettre aucun doute. C’est vrai qu’on a beaucoup évoqué cet effet secondaire, mais on n’a pas assez communiqué sur ce qu’on peut faire justement pour éviter qu’ils arrivent. Et aujourd’hui, encore une fois, s’il n’y a pas de risque formel, je pense vraiment qu’il faut mettre l’accent sur les symptômes éventuels qui doivent justement alerter le patient. Pour consulter le plus rapidement possible, et pour que le risque arrive à zéro. Ainsi, nous aurons vraiment une vaccination en laquelle on peut avoir confiance.

Mais, est-ce qu’accélérer la campagne de vaccination, ça peut se faire en passant outre des décisions de prudence qui semblaient jusqu’ici actées ? Lorsque l’on parle d’informer les patients et de les rassurer, ça peut causer quelques doutes.

AS, après quelques secondes : L’information au patient, elle doit être claire, loyale et complète, et je pense que le patient, il a besoin de comprendre les informations qui vont lui être bénéfiques [2].

[2] Est-ce cela une information loyale ? Ne parler que des bénéfices ? Ne pas aborder les inconvénients et les risques ? On est en pleine manipulation !

AS : Aujourd’hui l’idée, ce n’est pas de dire qu’on avance sur la campagne de vaccination au détriment de la prévention et des risques pour les patients. Il en est hors de question, puisqu’une campagne de vaccination est justement là pour préserver la santé de la population. Donc, on a aussi des problématiques de défiance envers les vaccinations. Il faut aussi que cette défiance, elle soit comprise et il faut qu’on puisse y répondre. Le meilleur moyen de combattre une défiance, c’est d’expliquer et de donner les outils aux patients. Ensuite, c'est à la population de vraiment prendre une décision en connaissance de cause. Il ne s’agit pas de faire peur avec des statistiques qui ne riment à rien [3].

[3] Quel déni scientifique ! Peut-être dira-t-elle aussi des chiffres que je vais présenter plus loin qu’ils ne riment à rien…

AS : Ce ne sont que des chiffres, et finalement, même si c’était un sur un million,(hésitation), c’est même moins que sur un million [4].

[4] Elle ne sait même pas compter. 8 cas sur 7 millions c’est au contraire plus qu’un cas par million…

AS : Il suffit que ce soit vous pour que ça prenne tout son sens. Donc, plutôt que de faire peur avec des chiffres, il faut éduquer sur le côté sanitaire, et justement donner aux patients les outils, de réagir s’ils ont besoin pour qu’effectivement il n’arrive pas jusqu’à ce que l’on redoute, c’est-à-dire un décès.

Merci Anne Sénéquier, co-directrice de l’observatoire de la santé mondiale à l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques. Et à partir de mercredi soir, tous les soirs, chacun pourra se faire son idée et guetter les créneaux disponibles de vaccination prêt de chez soi, pour la journée du lendemain. C’est comme ça qu’accélèrera cette campagne indispensable de vaccination en France [5].

[5] Un journaliste d’une radio d’information continue n’a pas à donner son opinion ou à émettre un jugement personnel.

 

Alors, les thromboses fatales, qui selon une dépêche de l’agence Reuters en date du 22 avril 2021, auraient été comptabilisées à 32 cas de décès par le régulateur au Royaume-Uni, ne seraient que l’arbre qui cache la forêt.

Les graphiques qui vont suivre sont tirés du tableau suivant, qui synthétise les principales extractions de données de la base Eudravigilance (liens utiles et tutoriel en annexes de la chronique), que j’ai réalisées pour les 4 vaccins autorisés en France. Par ordre chronologique d’autorisation de mise sur le marché par l’Agence Européenne du Médicament (EMA), les vaccins Pfizer-BioNtech, Moderna, AstraZeneca et Janssen.

Pour rappel, la base Eudravigilance ouverte au public est actualisée une fois par semaine. Les données concernent les cas individuels de patients résidant à l’intérieur de l’Espace Economique Européen (et aussi à l’extérieur pour certains pays, comme le Royaume-Uni) pour lesquels au moins un événement indésirable a été déclaré. Ce sont les données cumulées depuis la date d’AMM et jusqu’à la dernière date d’actualisation, (ici, le 22/05/2021) qui sont présentées dans la base :

Arrêtons-nous déjà sur quelques chiffres qui tranchent singulièrement avec la notion de rarissimes thromboses fatales que l’on essaye de nous inculquer, histoire de dire : "Effets indésirables : Circulez, il n’y a rien à voir !"

Vous avez bien lu :

- 12 174 décès de cas individuels déclarés dans Eudravigilance en date du 22 mai 2021 pour ces 4 vaccins

- 463 476 cas individuels déclarés

- 1 192 190 événements indésirables déclarés

- 604 744 événements indésirables graves déclarés…

Je m’empresse de dire qu’une partie seulement de ces cas sont imputables aux vaccins. Pour affirmer l’imputabilité d’un vaccin dans la survenue d’un événement indésirable, il est nécessaire d’expertiser le dossier médical complet du patient. Vu le nombre très important de cas individuels déclarés que génère une vaccination massive des populations, on imagine mal l’EMA en mesure de faire ce travail de tibétains…

D’un autre côté, les cas déclarés l’ont été par des professionnels de santé, essentiellement médecins, et des patients eux-mêmes, qui, on le conçoit fort bien, ont jugé plausible l’imputabilité. La notion qui domine est que la sous-déclaration règne en général.

Ces chiffres impressionnants ont peu été publiés. Je n’ai pas fait une recherche très approfondie, mais je n’ai retrouvé que deux articles du même auteur, Frédéric Gobert sur Agoravox (09/04/2021) et (26/04/2021).

Avouez que c’est peu !

L’énorme lacune du site Eudravigilance, c’est de ne pas donner accès aux nombres de personnes vaccinées par chaque vaccin, leurs caractéristiques (pays, âge, sexe, comorbidité…) Bref, les nombres de cas individuels déclarés sont directement corrélés aux nombres de personnes vaccinées.

Alors, pour ne pas tomber dans ce piège, j’ai rapporté les résultats de santé (les anglo-saxons parlent d’outcome) aux nombres de cas individuels déclarés. Ce qui permet de s’affranchir en grande partie (mais pas complètement, on reparlera des limites de la méthode) du biais des nombres inconnus de personnes vaccinées.

Pour comprendre les « résultats de santé » disponibles dans Eudravigilance, voici à titre d’exemple le tableau d’extraction réalisé au 15/05/2021 pour le vaccin Comirnaty® de Pfizer/BioNtech :

Les « résultats de santé » colligés dans Eudravigilance pour chaque cas individuel déclaré sont les événements suivants :

- décès,

- non récupéré/non résolu,

- guéri ou résolu ou récupéré,

- récupéré avec séquelles,

- non spécifié,

- en cours de récupération,

- inconnu

Par ailleurs, les événements indésirables sont classés dans 37 groupes de réaction (première colonne du tableau). Il m’a semblé que les risques de biais étaient limités en prenant en compte le ratio des nombres de décès déclarés sur le nombre de cas individuels déclarés pour comparer les vaccins entre eux.

Voici quelques graphiques en toute exclusivité pour FranceSoir, qui devraient faire le buzz, comme on dit. Et qui devraient combattre quelques idées reçues. Ils ne feront pas plaisir à tout le monde…

1. Les taux de décès pour 100 cas individuels déclarés dans Eudravigilance

Un premier résultat très clivant. Il y aurait donc in fine un écart de 1 à 11 sur la proportion de décès parmi les cas individuels déclarés entre le vaccin AstraZeneca (1% seulement) et Moderna (11%). Ces différences sont colossales. Je ne comprends pas que personne n’en ait parlé jusque-là !

Et si le vaccin AstraZeneca était finalement le plus sûr, sur le critère le plus important, celui de mourir après avoir été vacciné ?

2. Nombre d'événements indésirables subits par cas individuel déclaré dans Eudravigilance

Sur ce critère, les vaccins à ARN messager présenteraient un nombre plus faible d’événements indésirables par cas individuel déclaré dans Eudravigilance. Les vaccins à adénovirus recombinant génèrent davantage d’événements indésirables par cas individuel déclaré (autour de 3 EI par cas déclaré dans Eudravigilance).

3. Taux d'événements indésirables graves subits par cas individuel déclaré dans Eudravigilance

Le vaccin Moderna à ARN messager aurait 34% d’événements indésirables graves (EIG) en plus par cas déclaré que celui de Pfizer/BioNtech et les deux vaccins à adénovirus recombinant, AZ et Janssen généreraient chacun 60% d’EIG de plus par CID que le Pfizer.

Interpelé par les différences tellement ahurissantes des taux de décès pour 100 cas individuels déclarés dans Eudravigilance selon le vaccin, j’ai poussé un peu plus loin mes investigations en établissant les taux de décès pour 1000 cas individuels déclarés pour les 5 premiers groupes de réactions les plus létaux avec les vaccins anticovid, ainsi que les taux de décès pour 10.000 cas individuels déclarés pour les 6 groupes de réactions suivants dans l’ordre décroissant de la létalité.

4. Nombre de décès pour les 5 premiers groupes de réaction les plus létaux, pour 1.000 cas individuels déclarés dans Eudravigilance

Comment expliquer, chez les personnes ayant présenté une réaction générale ou douloureuse au point d’injection, un multiple de 5 entre les 50 décès constatés pour 1.000 cas déclarés après vaccination par Moderna, comparés au 10 décès pour 1.000 CID après injection du vaccin Pfizer/BioNtech ?

Pire encore, qu’est-ce qui pourrait expliquer que pour 1.000 cas individuels déclarés ayant fait une réaction générale à la vaccination ou au point d’injection, il n’y ait eu que 3 décès avec l’AstraZeneca, contre 50 avec le Moderna, 19 avec le Janssen ou encore 10 avec le Pfizer ? Une mort donc respectivement 17, 6, et 3 fois plus fréquente !

La constance de ces observations, lorsque l’on passe en revue les 4 autres groupes de réaction les plus souvent associés à des décès, questionne fortement.

Quatre fois plus de décès cardiaques pour 1.000 cas déclarés avec le Moderna qu’après le Pfizer, douze fois plus toujours pour le Moderna que pour l’AstraZeneca. 7 fois plus de décès d’origine cardiovasculaire pour 1.000 cas déclarés avec le Janssen plutôt que l’AstraZeneca… Idem pour les décès d’origine respiratoire ou thoracique, infectieuse ou neurologique !

5. Nombre de décès pour les 6 groupes de réaction suivants les plus létaux, pour 10.000 cas individuels déclarés dans Eudravigilance

La poursuite de cette analyse sur les 6 groupes suivants dans l’ordre décroissant de létalité observée, conduit grosso modo aux mêmes conclusions :

Mise à part sa faible association à des décès d’origine vasculaire, le vaccin Moderna se distingue par un nombre incroyablement plus élevé de décès pour 10.000 cas individuels déclarés par rapport à ceux observés avec le vaccin AstraZeneca. 36 versus 5 pour les décès d’origine gastro-intestinale, 26 versus 2 lorsque des anomalies biologiques ou autres méthodes d’exploration ont été relevées, 17 versus 1 décès d’origine psychiatrique, 14 versus 1 pour les décès d’origine rénale ou urinaire, 22 versus 1 pour une cause métabolique ou nutritionnelle…

Le Janssen dénote particulièrement sur le risque de décès vasculaires. 92 morts vasculaires pour 10.000 cas individuels déclarés soit 8 fois plus fréquents qu’avec Pfizer, 13 fois plus souvent que l’AstraZeneca et 23 fois plus que le Moderna…

6. Discussion – Recherche de limites méthodologiques et de facteurs confondants toujours possibles

Il ne faudrait pas perdre de vue que la base Eudravigilance gère les déclarations d’événements indésirables et de cas individuels déclarés en provenance de tous les pays de l’Espace Economique Européens, et de quelques pays en dehors. Les différents pays ont utilisé à leur guise les 4 vaccins. Passons en revue la cartographie pour chaque vaccin.

Le vaccin Pfizer/NioNtech

La France n’a déclaré que 12,9% des cas individuels à l’intérieur de l’EEE après vaccination Pfizer. 8 pays (Italie, Pays-Bas, France, Espagne, Allemagne, Autriche, Portugal et Danemark) totalisent environ 80% des cas déclarés.

Le vaccin Moderna (données actualisées au 29/05/2021)

La France a déclaré 14,2% des cas individuels post-vaccinaux au Moderna au sein de l’EEE. Six pays concentrent plus de 80% des cas déclarés.

Le vaccin AstraZeneca

Part des déclarations françaises au sein de l’EEE identique, à 14,2%. 7 pays dépassent ensemble 80% du total des cas individuels déclarés.

Le vaccin Janssen

Ce vaccin a été introduit récemment sur le marché européen. Les déclarations émanent principalement des Pays-Bas (83,3%). En ajoutant la Pologne et l’Italie, on monte à 95,7%. La France n’a envoyé que 31 déclarations de cas individuels (1,2%).

Ce point permet de relativiser le poids de la France dans les données de pharmacovigilance brassées dans la base européenne.

Santé Publique France, via le portail GEODES et la base de données gérée par l’assurance maladie « Covid-19 vaccinations », permet de réaliser quelques analyses sur les populations vaccinées, mais pas toutes celles qui seraient utiles, comme par exemple, croiser les nombres de personnes vaccinées par tranche d’âge et par vaccins. Voici néanmoins quelques éléments, partiels mais quand même éclairants :

La stratégie vaccinale française a priorisé initialement les résidents en EHPAD et de façon plus générale, les personnes âgées, et aussi la présence de comorbidités.

L’empilement des courbes par tranches d’âges, de la plus âgée, à la plus jeune, traduit cette priorisation. Dommage qu’il ne soit pas possible de faire l’analyse pour chaque vaccin.

Ces histogrammes empilés montrent bien que le vaccin Pfizer/BioNtech a été le plus employé dès le début de la campagne vaccinale, que le vaccin Moderna a peiné à prendre son essor, contrairement au vaccin AZ, malgré les déboires initiaux. Le vaccin Janssen arrivé tardivement fait un démarrage poussif.

Pour la France, voici la répartition des populations vaccinées au moins d’une dose, avec les 4 vaccins actuellement disponibles, en date du 22 mai 2021 :

Les fortes disparités observées dans cette analyse entre les vaccins, sur leurs taux de décès rapportés aux nombres de cas individuels déclarés dans Eudravigilance, ne devraient à priori pas être influencées par les nombres de personnes vaccinées, si l’on fait l’hypothèse que les cas déclarés sont directement proportionnels aux populations vaccinées.

Cependant, en France notamment, les vaccins ont été utilisés sur différentes populations. Un facteur confondant pourrait être lié au risque des populations vaccinées de faire une forme grave du covid. Le principal facteur corrélé au risque de décéder de l’infection au SARS-COV-2 est de très loin l’âge, et surtout le très grand âge (au-delà de 85 ans).

Si l’on considère les données démographiques de l’INSEE, les 75 ans et plus, étaient estimés par l’Institut au 1er janvier 2021 à 6,4 millions (9,5% de la population française), un chiffre près de 10 fois supérieur aux 740.000 résidents d’EHPAD. Au 29 mai 2021, selon SPF, un peu plus de 5 millions de 75 ans et plus seraient vaccinés avec au moins une dose (au passage, donc 1,4 millions n’auraient reçu aucune dose). Il me semble que les vaccins à ARN messager, Pfizer-BioNtech surtout, et Moderna, ont été réservés à la vaccination des résidents d’EHPAD. On peut penser que de nombreuses personnes âgées vivant encore dans leur domicile, ont été vaccinées soit par leur médecin traitant (vaccin AstraZeneca principalement), soit en vaccinodrome.

Bref, nous ignorons quelle est la structure d’âges des populations françaises qui ont été vaccinées pour chaque vaccin. Les données manquent aussi pour tous les autres pays d’Europe, qu’ils appartiennent ou pas à l’Espace Économique Européen.

En conclusion, et en l’absence de preuve robuste de l’existence de différences considérables dans la structure d’âges des populations vaccinées par ces 4 vaccins anticovid, les fortes disparités observées sur les taux de décès rapportés aux nombres de cas individuels déclarés dans la base de données Eudravigilance entre le 21/12/2020 (date d’AMM accordée par l’EMA au vaccin Pfizer, le premier autorisé) et le 22 mai 2021, rebattent singulièrement les cartes d’un classement des vaccins les plus sûrs :

1. AstraZeneca

2. Pfizer

3. Janssen

4. Moderna

Je déclare naturellement n’avoir aucun lien ou conflit d’intérêts avec les firmes qui fabriquent et/ou commercialisent des vaccins anticovid.

 

Annexes – Pour aller plus loin dans l’exérèse des événements indésirables des médicaments

Quoi de mieux que ce petit tutoriel pour vous donner envie de faire vous-même ce type de recherche dans la base de données publique Eudravigilance ou de vérifier par vous-même mes calculs…

J’avais entrepris ce travail dans la deuxième quinzaine du mois de mars, je l’ai gardé sous le pli du coude dans l’intention de comparer tous les vaccins anticovid. Puis le Janssen est arrivé. Il a fallu attendre quelques semaines pour avoir suffisamment de données s’y rapportant…

La vaccin anticovid-19 AstraZeneca a été autorisé le 29/01/2021 par l’EMA.

Pour entrer dans la base Eudravigilance, cliquez ici. Puis sur la lettre « C ». Descendez dans la liste déroulante jusqu’à « COVID-19 VACCINE ASTRAZENECA (CHADOX1 NCOV-19) »

Puis, cliquez sur le lien surligné en jaune dans la capture d’écran ci-dessus. Vous obtenez alors l’écran suivant :

Il indique qu’en date du samedi 20 mars 2021, alors que je débutais la rédaction de cette chronique, le nombre cumulé de cas individuels pour lesquels au moins un événement indésirable a été déclaré dans la base de données, depuis la date d’autorisation de mise sur le marché par l’agence européenne du médicament, le 29/01/2021, et en principe jusqu’au lundi précédent (la base est actualisée tous les lundis nous dit-on), à savoir le lundi 15 mars, soient 45 jours, la base ne recense pas moins de 80.642 cas individuels. Dans le détail, 73% de 18-64 ans, 20% de 65-84 ans, et moins de 1% de plus de 85 ans. Il est frappant de constater que dans 75% des cas, il s‘agit de femmes.

Le lundi 22, puis le mardi 23 mars 2021, quelle ne fut pas ma surprise de constater que ce rapport n’avait pas été modifié. Contrairement à ce qui est mentionné sur le site d’Eudravigilance (voir la capture d’écran ci-dessous), les chiffres ne sont pas actualisés en ligne les lundis. Ceux que nous avons à l’écran l’ont nécessairement été le samedi 20 mars !

Par conséquent, la période de recueil des données n’est pas de 45 jours, comme calculé initialement, mais 49 jours (7 semaines entre le 29/01/2021 et le 19/01/2021) ou 50 jours, s’il faut aussi compter le 20/03/2021. Ce que semble bien indiquer la mention « up to 20/03/2021 » en haut de la copie de l’écran des nombres de cas identifiés dans Eudravigilance pour le vaccin Astrazeneca. Précision utile, ma copie d’écran du 20/03/2021 est horodatée à 18h55. On peut légitimement penser que le batch informatique de mise à jour des données sur le site a pu être fait en fin d’après-midi. Nous retiendrons donc 50 jours comme période d’étude des événements indésirables du vaccin AstraZeneca.

Pour la méthodologie de l’étude, vous la retrouverez dans ma chronique N°48, qui avait dénombré 132 morts déclarés dans Eudravigilance après vaccination par le vaccin COMIRNATY®, de Pfizer, seulement 26 jours après son autorisation de mise sur le marché accordée par l’EMA.

Au passage, voici la répartition des nombres de cas individuels déclarés dans la base de données Eudravigilance pour le vaccin anti-covid AstraZeneca pour les pays appartenant à l’espace économique européen :

COMIRNARTY®, a reçu de l’Agence Européenne du Médicament (EMA) une autorisation de mise sur le marché conditionnelle le 21 décembre 2020.

Auteur(s): François Pesty, pour FranceSoir

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