Le Conseil constitutionnel dans la comédie de l'exercice du pouvoir

Auteur(s)
Marcel-M. Monin, pour France-Soir
Publié le 15 avril 2023 - 10:45
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Conseil Constitutionnel
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F. Froger / Z9, pour France-Soir
Paris, 14 avril, 22 heures. Depuis la déclaration du Conseil constitutionnel, les forces de l'ordre sont tenues de maintenir à distance la foule, y compris les journalistes. La rue Montpensier a été condamnée.
F. Froger / Z9, pour France-Soir

TRIBUNE - Emmanuel Macron a une feuille de route à suivre : celle dictée notamment par les organismes dits "européens", dont le rôle est de mettre œuvre les règles de traités rédigés pour satisfaire les intérêts des propriétaires de capitaux et des gros industriels (lire les textes...), spécialement américains (dès l'origine et encore aujourd'hui).  

Macron suit d'autant plus fidèlement cette feuille de route que la vision de la société que sous-tendent ces textes est la sienne. Ainsi qu'en attestent ses déclarations. 

Le Conseil constitutionnel et les juristes qui ont rédigé la décision d'hier sur la loi sur les retraites (que l'Union européenne veut faire gérer par les fonds de pension) connaissent la "supériorité" des normes européennes sur les normes internes.  

Il n'allait quand même pas déclencher la possible remise en cause de ce principe à l'occasion de la "réforme" des retraites !

Quant aux membres du Conseil constitutionnel, ils ont tous ou à peu près tous, été nommés par des politiciens "maastrichiens", issus de partis maastrichiens.

Partis maastrichiens qui remplissent de leurs membres les travées de l'Assemblée nationale, soit au sein de la majorité "relative", soit au sein de l'opposition dure ou de l'opposition molle ou de façade. Sans compter ceux des membres du Conseil constitutionnel, qui dans des fonctions antérieures de premier plan, ont œuvré pour faire hier ce qu'Emmanuel Macron fait depuis qu'il est en poste.  

Ils connaissaient donc d'autant mieux les dispositions du titre XV de la Constitution. 

Dans cette affaire, on notera le consensus de la classe politique et des médias influenceurs pour éviter de resituer la réforme des retraites dans ce contexte et dans ces mécanismes. Donc de parler de la perte de souveraineté de la France, donc des Français. Et de la possibilité perdue des Français d'avoir leur mot à dire sur la gestion de leur vie.  

Ce qui est prudent. Puisque les Français croient encore (ainsi que les manifestations contre la "réforme des retraites" pour la faire retirer, l'indiquent) - et alors que le discours de leurs élites le fait croire - , que leurs représentants pourraient encore les... représenter.  

  • Marcel-M. MONIN est maître de conférences honoraire des universités

 

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