"Charlie Hebdo": Jeannette Bougrab a voulu se suicider après la mort de Charb

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Jean-Michel Comte
Publié le 09 mai 2015 - 11:59
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Jeannette Bougrab était au micro de BFMTV jeudi 8.
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©Capture d'écran BFMTV
Jeannette Bougrab sur BFMTV le 8 janvier dernier.
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Dans son livre "Maudites" à paraître le 13 mai et dans une interview cette semaine à "Paris Match", Jeannette Bougrab revient sur sa liaison sentimentale avec Charb, le patron de "Charlie Hebdo" assassiné le 7 janvier. L'ancienne secrétaire d'Etat y révèle avoir voulu se suicider dans les jours qui ont suivi.

Jeannette Bougrab, ancienne secrétaire d'Etat de Nicolas Sarkozy et compagne de Charb, le dessinateur de Charlie Hebdo assassiné le 7 janvier, a songé à se suicider quelques jours après le drame. C'est la révélation qu'elle fait dans son dernier livre et dans une interview cette semaine à Paris Match.

Dans son livre Maudites (Ed. Albin Michel) consacré à plusieurs femmes historiques qui se sont battues contre l'injustice et à paraître le 13 mai, elle écrit notamment: "j’étais si bas qu’il m’arrivait d’espérer ne plus me relever".

A Paris Match qui l'interroge en estimant qu'"on comprend à travers les lignes, qu’hospitalisée au Val de Grace au moment de son enterrement (de Charb, NDLR), vous avez tenté de mettre fin à vous jours", Jeannette Bougrab répond: "Cela ne sert à rien de le dire ou de l’écrire noir sur blanc. Mais personne ne peut imaginer un seul instant ce que j’ai pu ressentir. C'est le Val de Grâce qui m’a sauvée ainsi que mon ami Patrick Besson".

Jeannette Bougrab, 41 ans, ancienne présidente de la HALDE (Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité) de mars à novembre 2010, puis secrétaire d'État chargée de la Jeunesse et de la Vie associative dans le dernier gouvernement Fillon de novembre 2010 à mai 2012, était venue témoigner avec émotion, sur BFMTV le 8 janvier au lendemain des attentats contre Charlie Hebdo. Elle avait notamment évoqué ses liens intimes avec Charb, le directeur de la rédaction de l'hebdomadaire, assassiné la veille par les frères Kouachi.

Mais dans les jours qui suivirent, certains proches et membres de la famille de Charb avaient démenti sa relation avec le dessinateur; le frère de celui-ci, Laurent Charbonnier, et ses parents avaient publié une déclaration niant "l’engagement relationnel de Charb avec Jeannette Bougrab". Celle-ci avait ensuite été hospitalisée à l'hôpital du Val de Grace et n'avait pas assisté à l'enterrement de Charb, le 16 janvier.

Elle explique dans son livre avoir "passé cinq heures chez un huissier à consigner ma correspondance avec Charb, plusieurs centaines de SMS et des dessins pour May (sa fille, NDLR) comme preuves tangibles de notre amour sincère et profond". A Paris Match qui lui demande pourquoi la famille et certains des amis du dessinateur lui en veulent, elle répond: "Parce qu’ils veulent faire passer Charb comme l’un de ces +hommes qui sautent sur tout ce qui bouge+ et moi comme son +plan cul+. Parce qu’il veulent que l’image de Charb corresponde à celle qu’ils veulent donner de Charlie Hebdo, irrespectueuse, grossière, irrévérencieuse. Mais Charb était tout le contraire. Il était d’une immense tendresse avec moi. Mais aussi avec ma petite May qu’il accompagnait le matin à l'école ou qu’il emmenait jouer sur son petit vélo".

Elle écrit encore dans son livre que "toute ma vie je me reprocherai de n’avoir pas répondu à son dernier SMS", qu’il lui avait envoyé le 7 janvier à 10h, trois heures avant sa mort, alors qu'elle était au Conseil d’ Etat. "C'était un dessin de May avec un coeur. Qu’auriez vous aimé lui répondre?", demande Paris Match dans l'interview. "Mon amour, je t'aime", répond Jeannette Bougrab.

Aujourd'hui, l'ancienne secrétaire d'Etat a décidé de s'éloigner de la France. Elle vient d'être nommée au poste de conseillère culturelle à l’ambassade de France à Helsinki (Finlande), où elle s'installera avec sa fille May, 4 ans, à partir de fin août. Un moyen pour elle de "changer d'air après la violence et la méchanceté" dont elle a été victime, a-t-elle récemment confié au Parisien.