La France versera 6,5 millions à Abdelkader Ghedir, handicapé après une interpellation

Auteur(s)
La rédaction de France-Soir
Publié le 31 mai 2018 - 13:56
Image
agent sécurité SNCF Suge
Crédits
©Thomas Samson/AFP
La CEDH a reconnu la responsabilité de la France dans cette interpellation qui a dégénéré.
©Thomas Samson/AFP
Un soir de novembre 2004, Abdelkader Ghedir est interpellé par des hommes de la Suge, le service de sécurité de la SNCF, qui le soupçonnent de vandalisme. Il finira dans le coma et sera handicapé à vie. La France a été reconnue responsable par la Cour européenne des droits de l'homme.

Quatorze ans de procédure et une condamnation devenue définitive de la France à devoir payer une amende record. Abdelkader Ghedir, 35 ans, et ses proches recevront 6,5 millions d'euros suite aux dérapages lors de l'arrestation du jeune homme en 2004. Des faits qui se sont soldés par une hospitalisation, dans le coma, et un handicap définitif.

Les faits remontent au 30 novembre 2004. Ce soir-là, aux environs de 20h, des agents de la Suge (le service de sécurité de la SNCF) interviennent pour appréhender des individus jetant des pierres sur un train en gare de Villeparisis-Mitry-le-Neuf en Seine-et-Marne. Pensant reconnaître Abdelkader Ghedir comme l'un des auteurs, ils se jettent sur lui. Et après? Les détails restent peu clairs, les avocats du jeune homme affirmant qu'il a été mis à terre et a reçu un coup de genou dans la tête avant d'être placé en garde à vue au commissariat de Mitry-Mory. C'est là que sa condition va se dégrader et qu'il sera hospitalisé dans le coma, ne se réveillant que plusieurs semaines plus tard.

Une procédure pénale est lancée et trois hommes de la Suge seront mis en examen (l'un sera même placé en détention provisoire). Ils nient avoir frappé la victime. Les éléments manqueront et les témoignages s'avèreront contradictoires. Conséquence: le juge d'instruction prononcera un non-lieu (confirmé en appel et en cassation). Mais une procédure de dédommagements a aussi été lancée dans le même temps, et c'est elle qui a fini par aboutir.

Lire aussi - Affaire Théo: la thèse du viol remise en cause?

En 2015, la Cour européenne des droits de l'homme (voir ici) reconnaît la responsabilité des autorités françaises et laisse la responsabilité aux deux parties de se mettre d'accord sur un montant d'indemnisation. Elles n'y parviendront pas, une nouvelle procédure est alors lancé pour que la CEDH tranche. Elle a tranché pour 6,5 millions d'euros, un chiffre devenu définitif le 15 mai, pour couvrir le préjudice pour le trentenaire qui vit une partie du temps en institut spécialisé et ne se déplace qu'en fauteuil roulant, totalement dépendant. L'Etat dispose d'un délai de trois mois pour s'acquitter de la somme.

À LIRE AUSSI

Image
Théo avec François Hollande dans sa chambre d'hôpital
Affaire Théo: les parties s'opposent sur la question du viol, la tension redescend à Aulnay-sous-Bois
Une semaine après son agression par quatre policiers, le jeune Théo est toujours hospitalisé. Opéré après le coup de matraque reçu dans l'anus, il porte aujourd'hui un...
09 février 2017 - 20:18
Société
Image
Des policiers à Aulnay-Sous-Bois le 6 février 2017.
Affaire Théo: les nuits de violences se suivent et se ressemblent en Seine-Saint-Denis
Suite à l'affaire de l'arrestation du jeune Théo à Aulnay-sous-Bois, les violences se sont poursuivies dans la ville et en Seine-Saint-Denis. Des véhicules ont à nouve...
10 février 2017 - 12:54
Société
Image
Police nationale photo d'illustration uniforme
Vidéo de violences policières à Calais: la "police des polices" saisie
L'Inspection générale de la police nationale a été chargée d'enquêter sur les soupçons de violences policières perpétrées par des CRS à Calais, suite à la diffusion di...
13 mai 2015 - 09:35
Société
14/08 à 18:20
Soutenez l'indépendance deLogo FranceSoir

Faites un don