"La promesse de l'aube": Pierre Niney et Charlotte Gainsbourg font revivre Romain Gary et sa mère (vidéo)

"La promesse de l'aube": Pierre Niney et Charlotte Gainsbourg font revivre Romain Gary et sa mère (vidéo)

Publié le 14/12/2017 à 17:29 - Mise à jour le 19/12/2017 à 14:10
©Julien Panié/Pathé Distribution
PARTAGER CET ARTICLE :
Auteur(s): Jean-Michel Comte
-A +A

Charlotte Gainsbourg et Pierre Niney forment un couple extraordinaire mère-fils dans le film "La promesse de l'aube", adaptation du chef d'œuvre de Romain Gary réalisée par Éric Barbier et qui sort ce mercredi.

Adapter au cinéma un chef d'œuvre de la littérature est chose difficile et risquée, et les lecteurs sont souvent déçus quand ils deviennent spectateurs. Ce ne sera sans doute pas le cas pour l'adaptation au grand écran du livre de Romain Gary La promesse de l'aube, pour laquelle le réalisateur Éric Barbier s'en tire plutôt bien (ce mercredi 20 sur les écrans).

Ce roman autobiographique est un hommage de l'écrivain à sa mère, attachante et passionnée, excentrique, excessive, qui lui voua un amour sans bornes et lui fit promettre, en retour, de réussir sa vie et de devenir célèbre.

Comme dans le livre, le film se découpe en trois parties: l'enfance de Romain Gary à Wilno en Pologne dans les années 20, l'adolescence à Nice puis à Paris, et la vie d'adulte avec la guerre et son engagement dans l'aviation. Mais alors que le livre multiplie les allers-retours entre les époques, le film suit un ordre plus chronologique.

De ce livre-fleuve, déjà adapté au cinéma en 1970 par Jules Dassin (avec Mélina Mercouri), Éric Barbier, réalisateur notamment du Brasier en 1991 et du Serpent en 2007, a tiré un film lyrique et ambitieux, d'un peu plus de deux heures mais en choisissant certains passages et en éliminant d'autres.

"C’est un foisonnement de situations. La matière première du roman dépasse tout entendement et l’on est confronté à une multiplicité de scènes qui donne le vertige", explique-t-il. "Il fallait trouver une forme scénaristique pour conserver l’essence du roman tout en le réduisant de ses deux tiers. J’avais découpé le roman en toutes petites unités d’actions: à la fin du livre, j’avais recensé 876 unités… J’étais évidemment obligé de raccourcir. Ou plutôt de concentrer. Je me suis sans cesse demandé quand la trahison était acceptable et quand elle ne l’était plus. Je voulais être absolument fidèle à l’esprit du roman".

Avec un souci de réalisme et de documentation qui n'existe pas forcément dans le livre, avec une voix off qui reprend des phrases du livre, avec un rythme soutenu et une fin poignante, et avec deux acteurs à hauteur de cet immense défi (Pierre Niney et surtout Charlotte Gainsbourg, sans doute candidate au César de la meilleure actrice pour ce rôle), le réalisateur alterne, comme dans le livre, les scènes légères et gaies et les moments d'émotion et de lyrisme.

C'est du beau travail, avec un détail qui fera toussoter la ministre de la Santé Agnès Buzyn: on n'arrête pas de fumer dans ce film, même dans certaines scènes à l'hôpital.

Lire aussi: L'heure de la dernière cigarette a-t-elle sonné pour le cinéma français?

Le film se termine par quelques mots sur Romain Gary (1914-1980), seul écrivain à avoir remporté deux fois le Prix Goncourt (en 1956 pour Les racines du ciel, en 1975 pour La vie devant soi sous le pseudonyme d'Émile Ajar), et sur la photo de lui la plus célèbre (à voir ici).

Le film donne aussi l'envie de (re)lire La promesse de l'aube, publié en 1960, dans lequel Romain Gary écrit notamment ce passage qui a donné son titre au livre: "Il n'est pas bon d'être tellement aimé, si jeune, si tôt. Ça vous donne de mauvaises habitudes. On croit que c'est arrivé. On croit que ça existe ailleurs, que ça peut se retrouver. On compte là-dessus. On regarde, on espère, on attend. Avec l'amour maternel, la vie vous fait à l'aube une promesse qu'elle ne tient jamais. On est obligé ensuite de manger froid jusqu'à la fin de ses jours".

Auteur(s): Jean-Michel Comte

PARTAGER CET ARTICLE :

Chère lectrice, cher lecteur,
Vous avez lu et apprécié notre article et nous vous en remercions. Pour que nous puissions poursuivre notre travail d’enquête et d’investigation, nous avons besoin de votre aide. FranceSoir est différent de la plupart des medias Français :
- Nous sommes un média indépendant, nous n’appartenons ni à un grand groupe ni à de grands chefs d’entreprises, de ce fait, les sujets que nous traitons et la manière dont nous le faisons sont exempts de préjugés ou d’intérêts particuliers, les analyses que nous publions sont réalisées sans crainte des éventuelles pressions de ceux qui ont le pouvoir.
- Nos journalistes et contributeurs travaillent en collectif, au dessus des motivations individuelles, dans l’objectif d’aller à la recherche du bon sens, à la recherche de la vérité dans l’intérêt général.
- Nous avons choisi de rester gratuit pour tout le monde, afin que chacun ait la possibilité de pouvoir accéder à une information libre et de qualité indépendamment des ressources financières de chacun.

C’est la raison pour laquelle nous sollicitons votre soutien. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire et nous donner des marques de confiance, ce soutien est précieux, il nous permet d’asseoir notre légitimité de media libre et indépendant et plus vous nous lirez plus nous aurons un impact dans le bruit médiatique ambiant.
Alors si vous souhaitez nous aider, c’est maintenant. Vous avez le pouvoir de participer au développement de FranceSoir et surtout faire en sorte que nous poursuivions notre mission d’information. Chaque contribution, petite ou grande, est importante pour nous, elle nous permet d'investir sur le long terme. Toute l’équipe vous remercie.




Pierre Niney et Charlotte Gainsbourg, deux acteurs au sommet de leur art pour interpréter Romain Gary et sa mère.

Newsletter


Fil d'actualités Culture




Commentaires

-