"La dignité des italiens est violée" Pierumberto Starace, soutien des dockers de Trieste

"La dignité des italiens est violée" Pierumberto Starace, soutien des dockers de Trieste

Publié le 27/10/2021 à 16:10 - Mise à jour le 28/10/2021 à 19:52
Pierumberto Starace
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Auteur(s): FranceSoir

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ENTRETIEN - Trieste, plus grand port commercial d’Italie, fait l’actualité en raison du mouvement contre le Green pass des dockers. Dans ce cadre, l’avocat pénaliste, Pierumberto Starace, nous a accordé un entretien. L’avocat-associé fait partie d’un collectif engagé contre cette loi et intervient actuellement pour les dockers de Trieste.

Très actif en défense des droits du citoyen depuis l’éclatement de la crise Covid, il a été parmi les premiers juristes à s’élever contre les multiples violations de la Constitution italienne prises par les gouvernements Conte, puis Draghi.

Voir aussi : Les dockers de Trieste contre le "Green Pass" : l'avant-garde d'une révolte en Italie ?

Au mois de septembre 2021, Me Starace a été candidat pour le mouvement 3V, opposé à la campagne de vaccination, à l'élection municipale Trieste. Le Movimento 3V a obtenu près de 4.6 % des voix et a fait élire un conseiller municipal.

FranceSoir : Êtes-vous seul dans votre combat pour la Constitution parmi les avocats d’Italie ?

Me Piertumberto Starace : Il ne fait aucun doute que les conformistes forment le gros bloc de mes collègues avocats et aussi, des magistrats. Cependant, comme c'est le cas dans toutes les strates de la société, la crise Covid a permis de distinguer parmi les masses, ceux qui ont une bonne relation avec la réalité et ceux qui donnent l'impression de dormir, ou tout simplement n'ont pas le courage de s'exposer.

Ce qui est certain, c’est que chacun d'entre nous, y compris moi-même, avons intensifié les relations humaines de valeur ; celles-ci sont devenues plus vraies, tandis que d’autres personnes ont été écartées, la vérité de l’être s’étant dévoilée. Pour ma part, j’ai désormais des liens avec des avocats de toute l’Italie, unis dans la lutte pour reconquérir la liberté, en plus d’un groupe d’avocats à Trieste.

Les jeunes sont peu nombreux dans les manifestations en Europe occidentale. Est-ce le cas de l’Italie aussi ?

Les jeunes ont été conditionnés par trois décennies de propagande médiatique, surtout véhiculée par la télévision, et ils vivent collés au smartphone ; il ne fait aucun doute que les élites ont préparé cela soigneusement et de longue date. Ainsi, il m'est arrivé de parler avec des étudiants universitaires qui, à l'opposé de nous, qui sommes plus âgés, ne se soucient guère de perdre leur liberté. Celle-ci étant peut-être pour eux un concept inconnu.

Les mesures liberticides du gouvernement Draghi portent atteinte spécifiquement aux libertés qui ne sont pas celles que l’État peut nous « concéder ». Elles portent atteinte à celles que l’on reconnaît comme appartenant intrinsèquement à l'Homme par le simple fait qu’il naît (la liberté de pensée, de parole, de mouvement, d'initiative économique etc.).

Notre grand défi désormais est celui de réveiller les jeunes générations...

Faut-il maintenant préparer l'après-Covid ?

J'ai l'espoir que s'ouvrira une nouvelle époque de Droits civiques et nous tous, devons devenir – vous me pardonnerez la métaphore – « des chasseurs de criminels de guerre ». Dans ce contexte, je pense à fonder un cabinet d'avocats qui prodiguera des conseils solides aux classes populaires et moyennes, justement celles que les mesures anti-Covid frappent le plus durement.

Le Presidio 2021 est un peu autre chose, car il rassemble des personnalités scientifiques aussi ; ces centres locaux doivent devenir la base d'une nouvelle façon d'agir politiquement, de reprendre le contrôle de la place publique (l'Agora) et ainsi d'attirer l'attention de la population. L’enjeu n’est pas uniquement la crise de la démocratie : il y va de la nature même de ce qu'est la science véritable, raison pour laquelle des personnes ayant des compétences scientifiques y participent.

Parmi tant de violations de la Constitution, la principale porte atteinte à l'article 32 alinéa 2, où il est déclaré que « nul ne peut être tenu à se soumettre à un traitement médical, sauf par dispositions légales » et poursuit : « en aucun cas, la loi ne peut violer les limites qu'impose le respect de la personne humaine ».

Cette clause est l'œuvre d'un jeune membre de l'Assemblée constituante : Aldo Moro. Prétendre soumettre le citoyen à un traitement médical expérimental, en maniant des instruments juridiques tantôt directs tantôt déguisés, est une violation plus qu’évidente de sa dignité.

Ensuite, je citerai la violation du droit au travail, garanti par l'article 1 de la Constitution, laquelle violation est exemplifiée par l'obligation de se soumettre à des tests Covid payants comme alternative au vaccin sur le lieu de travail. 

L'Italie est dans la position peu glorieuse d'être sur les « premières » marches du podium pour ainsi dire, pour ce qui est de l’injustice et de la discrimination, en violant non seulement le principe d'égalité devant la loi, mais divers traités internationaux ainsi que le Règlement 953/2021 du Parlement européen, juste pour commencer.

Je conclus en soulignant la gravité de notre situation : dans les faits et depuis mars 2020 le gouvernement italien piétine la Constitution de 1948, sans que le Président de la République ne trouve rien à y redire ! S'il est vrai que certains constitutionnalistes se sont rangés de nos côtés, d'autres - trop nombreux encore – font des acrobaties pour tenter de justifier ces violations.

Vous avez été candidat de "Movimento 3 V" à un mandat municipal pendant les élections de septembre 2021 à Trieste. Pourquoi avez-vous choisi de soutenir ce jeune mouvement citoyen ?

Movimento 3 V est pour l'instant un unicum (une rareté précieuse, ndlr) scène politique italienne : au centre de son projet est le bien-être de chaque être humain plutôt que le profit des corporations multinationales. L’Homme n'appartient à personne, ni à l'État, ni aux institutions financières.

En plus d’exiger que le citoyen soit libre de choisir lesquelles thérapies médicales, il voudra bien accepter et d’exiger la vérité sur les thérapies géniques expérimentales appelées à tort « vaccins », Movimento 3V veut une économie fondée sur la mise en valeur des réalités locales. Plutôt que sur des centres d'affaires qui délocalisent les entreprises et œuvrent pour que les seules multinationales se chargent des travaux publics. Cela augmente les coûts jusqu’au plus petit niveau local.

L’autre grand chapitre de Movimento 3V est celle de la production, y compris la production agricole, à kilomètre zéro, une vraie économie de recyclage, la réutilisation des déchets, le respect pour l'écologie.

Ce sont les très grandes lignes. Pour le moment, Movimento 3V s’efforce avant et surtout de défendre l'homme moderne face au transhumanisme et à la globalisation, qui dépouillent l’Homme de toute véritable connaissance. La véritable connaissance doit nécessairement avoir une base territoriale, être enracinée dans la tradition, dans l'identité, sans naturellement que l’on cherche à éviter le contact et l'interaction avec ce qui est « différent » de nous.

Vous affirmez que c’est votre engagement professionnel comme avocat qui vous a mené à vous engager au niveau politique ?

On a pratiquement criminalisé les notions de patrie, de patriotisme, de famille, de souveraineté nationale, et cela a joué dans la perte d'identité de nos contemporains. L'homme qui n'a ni patrie, ni tradition, n'a plus d'identité, il est isolé, vulnérable… Et donc, malléable n'est-ce pas (ndlr : en français dans l'original) ?

Faut-il s'étonner que je m'engage politiquement ? C'est la conséquence de mon engagement professionnel, face à une ingérence des Pouvoirs dominants qui se fait sentir partout désormais. Actuellement, ce sont les grands cabinets qui non seulement ont le monopole des grands comptes-client mais – quelle absurdité ! – prétendent représenter les clients des classes populaires et moyennes de plus en plus désargentés. Comment voulez-vous que ces cabinets agissent efficacement pour de tels clients eu égard au conflit d'intérêts flagrant ?

Dans quelles actions juridiques intervenez-vous en ce moment ?

Nous avons en cours des actions pénales concernant des patients qui sont morts ou qui ont attrapé le Covid à l'hôpital ; des actions en défense de travailleurs objets de discrimination ; des actions devant le Tribunal administratif qui mettent en cause l'application des règlements anti-Covid. Mais avant tout, nous faisons du conseil et prodiguons un soutien – y compris un soutien moral – à la population italienne. Notre population est à bout de nerfs en raison de ce harcèlement massif.

Sans la moindre exagération, on peut affirmer que plusieurs dizaines de milliers d’actions juridiques en tout genre sont en souffrance devant les tribunaux italiens. Nous souhaitons que les juges agissent avec plus de célérité.

Le notoire Bouclier pénal destiné à protéger tous les "vaccinateurs", devenu loi en mai 2021, est une singularité qui n’a peut-être jamais existé auparavant dans toute l’histoire du droit européen ...

Le Bouclier pénal (scudo penale) exempte de toute responsabilité pénale le soignant dès lors que celui-ci se conforme aux protocoles officiels, et ce, quelle que soit l'issue de l'acte médical - y compris l’accident vaccinal grave, voire la mort du patient.

A-t-on besoin d'une confirmation plus éclatante de la dangerosité de ces prétendus « vaccins » ? Quant à l’obligation vaccinale imposée au personnel soignant, il s’agit d’une abomination juridique. Quoique ce traitement ait été défini comme obligatoire, le consentement du patient est néanmoins exigé !

Un contresens de plus et qui fait que l'Italie, autrefois berceau du droit, est devenu le cimetière des droits civiques.

Gouverner par décret-loi semble devenir une habitude exécrable, tant en France qu’en Italie ...

Déployer des décrets-loi n'est pas vraiment une innovation dans l'histoire de notre République ; ce qui est nouveau, et qui apparaît avec le deuxième gouvernement Conte et se poursuit avec le gouvernement Draghi, en est l'utilisation immodérée qui en est faite.

Pour qu’un décret-loi soit légitime, il faut nécessité et urgence. On méconnaît désormais ces prérequis, car il n’y a ni nécessité ni urgence. Et trop d'Italiens parmi lesquels je compte le Président de la République, se refusent à voir la contradiction frontale d'avec la Constitution. Aucune loi de délégation de pouvoirs par le Parlement n’a défini les contours de l'action de l'Exécutif tandis que le Parlement a été dépouillé de sa fonction législative - fonction qu'il est censé exercer dans l'intérêt de la souveraineté populaire.

Ces députés et sénateurs ont été élus par les citoyens pour les représenter. Au stade de la conversion en loi du décret, le gouvernement va quasiment toujours poser la question de confiance. Ce qui signifie que si le dispositif n’était pas validé, le gouvernement tomberait. Or, ces parlementaires n’ayant pas trop envie de rentrer chez eux, on arrive à peser sur leur volonté.

Pour s’en assurer, il suffit d’observer l’absence des prérequis pour le récent décret instituant le Green pass, auquel sont désormais assujettis tous les lieux de travail. Si ce décret a vu le jour à la mi-septembre, il était prévu qu’il n’entre en vigueur qu’à la mi-octobre, preuve s’il en faut de l’absence de tout caractère d’urgence !

Quant aux intervenants aux échelons inférieurs, il y est fait également un usage immodéré des DPCM (Décrets du Président du Conseil des ministres). Même si cela relève de la haute administration, ces DPCM sont des actes purement administratifs et représentent une ingérence directe dans les libertés fondamentales du citoyen. Elle s’ajoute aux actes arbitraires des autorités intermédiaires publiques ou privées. Celles-ci vont interpréter les règles – qu’elles soient réelles ou supposées – de façon tout à fait discrétionnaire.

Cherche-t-on à brouiller les cartes et à confondre tant le citoyen que l’avocat avec une foultitude de lois publiées de la nuit au lendemain ?

À mon sens, on cherche à déclencher une véritable avalanche de législation : le gouvernement fait des annonces médiatiques concernant une certaine disposition, puis attend la réaction de l'opinion publique. Si les gens ne s'indignent pas suffisamment, allez hop ! On lance la publication sur le Journal officiel.

Je conclus avec une citation de Platon « […] entouré d'un tel laisser-aller, une seule plante saura pousser et se développer : la tyrannie », livre 8 de la République de Platon. En effet, grâce à cinquante ans de laxisme, c'est la tyrannie qui semblerait être la plante qui a pris ses aises - laxisme qui fait chanceler la charpente de notre civilisation.



Ndlr : Me. Starace n'a pas choisi de citer Aldo Moro (1916-1978) par hasard. Ce dernier, professeur de droit pénal parmi les rédacteurs de la Constitution italienne, devenu plus tard Président du parti démocrate-chrétien d'Italie. Il était en 1978 sur le point de sceller le Compromis historique avec le parti communiste italien, lorsqu'il a été enlevé puis assassiné, supposément par les Brigades Rouges. Le rôle de certains services étrangers dans cet assassinat a souvent été soulevé. La chaîne de télévision France 5 avait publié en 2006 un documentaire d'Emmanuel Amara, les Derniers jours d'Aldo Moro, où figurent des allégations précises en ce sens. Aujourd'hui, nombreux sont les Italiens qui comparent le désordre provoqué par la crise dite Covid aux "Années de plomb", où sévissaient d'étranges groupuscules d'extrême droite et d'extrême gauche dont l'unique activité prétendument politique était le terrorisme.

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Pierumberto Starace, avocat des dockers de Trieste

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