L’Envers du décor, épisode 3 : éthique périmée pour la SPILF, 39 mois de tromperie

L’Envers du décor, épisode 3 : éthique périmée pour la SPILF, 39 mois de tromperie

Publié le 21/03/2021 à 16:40 - Mise à jour à 16:48
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Auteur(s): Le Collectif citoyen, pour FranceSoir

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TRIBUNE - Avec ce troisième épisode de l’envers du décor, nous allons débuter une mini-série en 3 volets sur la communication.

E-réputation essentielle

Quand on parle de communication sur les réseaux sociaux ou sur internet en général, la e-réputation est une chose essentielle pour obtenir du crédit et améliorer la portée de son message. Cela est d’autant plus primordial lorsque l’on décide de parler de la santé et que l’on s’auto proclame, Société Savante.

Afin de rallier tous les peuples à leur nation, la SPILF (Société de Pathologie Infectieuse de Langue française) ne devrait-elle donc pas être irréprochable dans les publications qu’elle affiche sur son site, infectiologie.com ?  

Heureusement pour elle, il existe une certification qui fait foi dans le monde médical et qui est garante de la qualité des contenus et du fonctionnement d’un site à portée médicale sur internet. Et c’est donc afin de garantir aux internautes que son site est au-dessus de tous reproches, que la SPILF a choisi de le faire certifier HONcode, comme l’indique le logo en bas à gauche de la page d’accueil du site Infectiologie.com.

Le HON, pour « Health On the Net » est un organisme à but non lucratif indépendant, dont la mission, comme indiqué sur son propre site, est d’atteindre « une transparence du contenu éditorial sur internet. »

« La certification HONcode est un engagement moral pour divulguer les informations éditoriales. Il démontre la volonté d'un site à publier de l'information de santé utile, objective, et correcte.
Le HONcode est un code de déontologie guidant les responsables de sites Web dans la mise en place de mécanismes fondamentaux permettant de mettre à disposition une information médicale de qualité, objective et transparente adaptée à la mission et à l'audience du site. La transparence d'un site améliore l'utilité et l'objectivité de l'information et la publication de données correctes.
HON est une organisation non gouvernementale, internationalement connue pour son travail pilote dans le domaine de l'éthique de l'information médicale en ligne, notamment pour l'établissement de son code de conduite de déontologie, le HONcode. »

La Fondation HON articule sa certification selon 8 axes résumés ci-dessous :

1 Autorité : Indiquer la qualification des rédacteurs
2 Complémentarité : Compléter et non remplacer la relation patient-médecin
3 Confidentialité : Préserver la confidentialité des informations personnelles soumises par les visiteurs du site
4 Attribution : Citer la/les source(s) des informations publiées et dater les pages de santé
5 Justification : Justifier toute affirmation sur les bienfaits ou les inconvénients de produits ou traitements
6 Professionnalisme : Rendre l’information la plus accessible possible, identifier le webmestre, et fournir une adresse de contact
7 Transparence du financement : Présenter les sources de financements
8 Honnêteté dans la publicité et la politique éditoriale : Séparer la politique publicitaire de la politique éditoriale »

Non-respect des axes de certification par la SPILF

Revenons sur le premier point de la certification, qui est développé sur le site du HON : « Toute l'information de santé / médicale disponible sur votre site doit être attribuée à un/des auteur(s). La qualification de ces auteurs doit être indiquée. Il en va de même pour le responsable éditorial. Si l'auteur n'est pas un professionnel de santé, cela doit être clairement indiqué. Les acronymes désignant les grades des professions doivent être explicités. »

Il apparaît donc clairement que les articles doivent être rédigés par des professionnels de santé ou que cela doit être stipulé dans le cas contraire.

Or la SPILF n’a pas hésité à relayer, le 9 octobre 2019, un article de l’Association française pour l’information scientifique, l’AFIS. Ce dernier n’est même pas signé et nous ignorons donc totalement les qualifications et même l’identité de son auteur. En parcourant cet article, on s’aperçoit qu’il fait essentiellement référence à des articles publiés sur le site infectiologie.com, c’est donc une sorte d’auto-congratulation en boucle entre une société savante et une société qui se prétend scientifique. Nous sommes dons bien loin de la rigueur imposée par la certification HONcode arborée fièrement et frauduleusement par la SPILF.

A la lecture de tout ceci, nous avons parcouru le site de la Fondation HON et voilà ce que l’on peut lire :  « La Fondation HON compte sur la communauté Internet et leur vigilance afin de signaler des non-conformités, pour renforcer les actions de la Fondation en matière de surveillance. HON a mis en place un système permettant de signaler des non conformité de sites à partir du sceau HONcode. »

Nous avons donc déposé plainte auprès de la Fondation HON pour manquements graves aux règles déontologique de la part de la SPILF et des gestionnaires du site Infectiologie.com.

Nous ne parlerons même pas du point 7 « Transparence du financement : Présenter les sources de financements », pour lequel nous ne pouvons que vous inviter à relire l’envers du décor, épisode 2.  

Mais comment la SPILF a-t-elle pu maintenir sa certification malgré ces manquements ?

La réponse est simple, elle a perdu sa certification, mais a maintenu de manière frauduleuse le logo sur son site. Pour s’en rendre compte, il vous suffit de cliquer sur le lien qui apparaît sur la page d’accueil d’infectiologie.com à côté du logo HONcode pour s’apercevoir que leur certification n’a pas été renouvelée depuis janvier 2018.

Cela fait donc maintenant 39 mois que la SPILF trompe les internautes sur la déontologie et l’éthique de son site. Rappelons que c’est cette même SPILF qui a déposé plainte contre le Pr Raoult. En outre certains de ses membres très médiatisés sur les plateaux TV (Yazdanpanah, Lacombe) n'hésitent pas à prendre des positions contraires à la science établie sur les traitements précoces, ce qui a entrainé l'inclusion d'un certain remdesivir dans l'essai clinique Discovery alors que ces effets secondaires étaient connus. Ce médicament a depuis été délisté par l'OMS. Beaucoup de ses membres ont des liens d'intérêts importants avec les laboratoires pharmaceutiques sans les déclarer à la télévision. 

Pour donner suite à ce signalement, nous avons tout d’abord reçu un accusé de réception puis un second message indiquant que les investigations étaient en cours et que la SPILF serait contactée prochainement par la Fondation HON pour une remise en cause de sa certification. Pendant plusieurs mois, grâce à notre plainte, le site Infectiologie.com a fait l’objet d’un réexamen de sa certification, mais n’a jamais modifié le logo qui apparaissait aux yeux du visiteur.

Puis le logo a enfin été basculé en REEXAM en 2020, comme vous pourrez le constater. Mais à cette date, la SPILF avait tout simplement perdu sa certification. Vous pourrez aisément vérifier tout ceci en cliquant sur le lien. La réponse est sans appel « OUTDATED ».

La "Société de pathologie infectieuse de langue française" ne maîtriserait-elle pas la langue de Shakespeare ?

Quoi qu’il en soit, vous pouvez compter sur le Collectif citoyen pour ne rien laisser passer, car comme vous le savez, le diable se cache toujours dans les détails.

Auteur(s): Le Collectif citoyen, pour FranceSoir

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La certification de la Spilf fait plouf

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