Israël devient le premier pays au monde à interdire la vente de fourrure

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FranceSoir
Publié le 10 juin 2021 - 18:51
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La France vient à son tour pour la première fois de détecter la présence du Covid-19 dans un élevage de visons, au sud-ouest de Paris
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© JEAN-PIERRE MULLER / AFP/Archives
"La France vient à son tour pour la première fois de détecter la présence du Covid-19 dans un élevage de visons, au sud-ouest de Paris
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La ministre de la Protection de l’environnement israélienne, Gila Gamliel, a promulgué un projet de loi cette semaine, faisant d’Israël le premier pays au monde à interdire la vente de fourrure. L’import et l’export seront interdits, sauf pour « la recherche, l’enseignement et certaines traditions religieuses », a indiqué le ministère de l’Environnement dans un communiqué.
 
En Israël, les élevages de fourrure étaient déjà interdits depuis 1976, mais cette décision est historique. Elle est le fruit d’années d’efforts de la part de militants du pays, notamment PETA et la directrice honoraire de PETA États-Unis, Pamela Anderson. Ils ont fait pression pendant longtemps sur les politiques de Tel Aviv et ont fait des demandes auprès du Premier ministre Benjamin Netanyahu.
 
La barbarie du commerce de la fourrure
 
PETA a diffusé de nombreuses vidéos d'enquêtes portant sur l'industrie mondiale de la fourrure. Celles-ci révèlent les conditions de vie des animaux d’élevage dans les fermes à fourrure.
 
Aujourd'hui, plus de 85% de la fourrure vendue provient des élevages : des rangées de cages empilées les unes sur les autres, dans des locaux nauséabonds. Les éleveurs utilisent les méthodes d'abattage les moins chères disponibles, et tuent les animaux en leur brisant le cou, en les étouffant, en les empoisonnant ou en les électrocutant par voie anale ou génitale. Certains animaux sont toujours vivants et se débattent lorsque les ouvriers les suspendent par les pattes ou la queue pour les égorger. Les animaux sont en détresse, il n’y a pas de place pour faire ce qu’ils pourraient faire dans la nature. Certains animaux deviennent fous : on observe des actes de violence, d’auto-mutilation, de cannibalisme…  
 
Concernant les techniques de piégeages et de passage à tabac, chaque année, les trappeurs du monde entier tuent des millions d’animaux à fourrure pour l’industrie de l’habillement. Les animaux, piégés dans la nature, peuvent souffrir pendant des jours. Il a été rapporté que des trappeurs exécutent des animaux en les battant jusqu’à la mort ou en les piétinant.  Ces méthodes d’exécution sont un moyen reconnu pour minimiser les dommages fait à la fourrure malgré la grande souffrance qu’elle inflige aux animaux.
 
Les dégâts environnementaux liés au commerce de la fourrure
 
Au-delà de la violence subie par les animaux, à chaque étape de sa production, la fourrure nuit à la planète. La Banque Mondiale a classé l’industrie de la fourrure comme l'une des pires au monde à cause de la pollution aux métaux toxiques qu’elle provoque. Elle est d’une part désastreuse pour les sources d’eaux potables, à cause des substances dangereuses utilisées pour traiter la fourrure, mais elle l'est également pour la santé des ouvriers qui travaillent sur les sites de traitement des fourrures, entraînant maladies de peau et cancers.
 
Une étude indépendante réalisée en 2013 a démontré que les conséquences environnementales de la production de vraie fourrure sont toujours plus lourdes (jusque 10 fois plus) que celles de la fausse fourrure et du textile non animal.
 
Petit à petit, l'oiseau fait son nid
 
Si l’interdiction du commerce de fourrure est en vigueur dans certaines villes et régions du monde (Sao Paulo, la Californie et l’Inde pour certains animaux), Israël est le premier pays à prendre un engagement aussi strict à l’échelle nationale. L’Inde a déjà passé une réglementation similaire à l’échelle du pays, mais seulement pour les peaux de vison, de renard et de chinchilla. Plusieurs pays à travers le monde ont instauré des interdictions partielles de commerce de la fourrure, notamment pour des espèces particulièrement menacée, comme le phoque.
 
PETA, dont la devise dit notamment que « les animaux ne nous appartiennent pas et nous n'avons pas à les utiliser pour nos vêtements », par ailleurs fervante opposante au spécisme – idéologie postulant une fausse supériorité des humains sur les autres animaux, souligne que de nombreux créateurs et marques de renom ont tourné le dos à la fourrure, dont Jean Paul Gaultier, Chanel, Gucci, Prada, Armani, Versace et bien d'autres.
 
Ainsi, la prise de conscience concernant la cruauté de la fourrure se propage.

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