Pour François Hollande, "il faut arracher les électeurs au Front national"

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MM
Publié le 04 mars 2015 - 13:59
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Portrait de François Hollande légèrement de profil
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©Philippe Wojazer/Reuters
François Hollande a reçu quelques lecteurs du "Parisien" à l'Elysée.
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François Hollande a reçu lundi 2 mars un panel de lecteurs du "Parisien/Aujourd'hui en France". A cette occasion, le président de la République a tiré à boulets rouges sur le Front national.

Au matin du lundi 2 mars, le chef de l'Etat a reçu au palais de l'Elysée un panel de lecteurs du Parisien/Aujourd'hui en France. L'occasion pour François Hollande de se confronter aux réalités du quotidien des Français et de faire quelques annonces tout en se montrant offensif à l'encontre du Front nationale à l'approche des élections départementales du 22 et 29 mars.

Si le parti d'extrême-droite est donné en tête des intentions de vote pour ces élections, le président de la République ne se laisse pas abattre et a expliqué vouloir "arracher les électeurs au Front national" afin de "leur parler et de les convaincre". En effet, François Hollande juge que "si le FN est dans la République, puisqu'il participe aux élections, c'est tout sauf le parti de la République. (…) C'est un échec collectif quand un parti d'extrême droite est le premier parti de France". Il a cependant tenu à préciser que "cela ne veut pas dire que ceux qui votent pour le FN soient convaincus par ses thèses".

Sur le plan des annonces, le chef de l'Etat a assuré aux lecteurs du Parisien "qu'il n'y aurait pas de nouvelles hausses d'impôts pour les années 2015, 2016 et 2017". De plus, il a confirmé que 4 milliards d'euros d'économies sur le budget de l'Etat seront faites en 2015 pour satisfaire les exigences de la Commission européenne.

Interrogé sur le service civique, François Hollande a annoncé vouloir "expérimenter en métropole un service militaire adapté, déjà mis en place en Outre-mer. C'est un encadrement militaire de huit mois, qui débouche sur une qualification ou sur un emploi". Le président de la République a également précisé que "les élèves de l'ENA seront chargés de l'administration du service civique".

"Le géant pétrolier français Total devrait, en raison de sa taille, être le plus gros contribuable français, ce qui n'est pas le cas", regrette le président. Et d'ajouter: "cela s'appelle de l'optimisation fiscale". François Hollande a aussi évoqué les pratiques fiscales de l'enseigne de restauration rapide McDonald's, accusée d'avoir échappé à environ un milliard d'euros d'impôts en Europe entre 2009 et 2013. 

Sur le front du chômage, le chef de l'Etat a rappelé qu'il n'y avait "pas de solution magique". En termes d'annonces, il a déclaré avoir "demandé d’ouvrir un chantier pour encourager les embauches dans les PME afin de leur donner plus de souplesse".

"Notre pays a besoin d’une vie politique où les idées s’affrontent pour éclairer les citoyens sur les choix possibles", a également jugé le président de la République, interrogé sur le paysage politique du pays. "Chaque fois que Nicolas Sarkozy, ou tout autre, apporte des propositions, la démocratie est gagnante", a-t-il encouragé.