Corse: report de la réunion avec le gouvernement en raison des violences

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Par AFP - Paris
Publié le 04 avril 2022 - 14:39
Mis à jour le 05 avril 2022 - 00:48
Cet article provient directement de l'AFP (Agence France Presse)
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Des manifestants font face aux CRS à Ajaccio le 3 avril 2022
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© Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP
Des manifestants font face aux CRS à Ajaccio le 3 avril 2022
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La réunion envisagée le 8 avril à Paris entre élus corses et gouvernement sur l'avenir institutionnel de l'île est reportée en raison des violences survenues dimanche lors de la manifestation de soutien à la famille d'Yvan Colonna, a-t-on appris lundi auprès de l'entourage de Gérald Darmanin.

L'entourage du ministre de l'Intérieur a expliqué que "les conditions d'un dialogue normalisé n'étaient guère réunies". Un courrier en ce sens a été adressé à Gilles Simeoni, président autonomiste du conseil exécutif de Corse, a-t-on ajouté.

L'annonce de ce report intervient après que le président-candidat Emmanuel Macron a jugé "inacceptables" les violences survenues dimanche dans l'îleet assuré qu'il n'y aurait "pas de discussion" sans "retour à l'ordre préalable".

Cette réunion du 8 avril à Paris avait été annoncée par M. Simeoni mais jamais confirmée par le ministère de l'Intérieur.

Dimanche, une manifestation pour Yvan Colonna, condamné à la perpétuité pour l'assassinat du préfet Claude Erignac et mortellement agressé en prison par un autre détenu le mois dernier, a dégénéré en violents affrontements à Ajaccio.

M. Simeoni, qui n'a pas encore réagi à ce report, avait participé à cette manifestation.

D'autres violences entre manifestants et forces de l'ordre ont également été signalées à Bastia.

"Au cours des deux dernières semaines, 43 actions ou manifestations se sont déroulées, quasiment toutes émaillées de débordements violents, en présence d'élus pourtant censés participer aux discussions prévues à Paris", a fait valoir l'entourage de M. Darmanin.

"Au total, ce sont près de 60 blessés, tant parmi les forces de l'ordre que les manifestants, qui n'ont d'ailleurs fait l'objet d'aucune condamnation publique", a ajouté la même source.

"Ces événements sont inacceptables tant pour la démocratie, qui ne saurait faire preuve de complaisance vis-à-vis de la violence, que pour les Corses eux-mêmes qui désapprouvent ces évènements", a-t-elle poursuivi.

Lundi soir, l'indépendantiste Paul-Félix Benedetti a interpellé sur Twitter Gérald Darmanin, l'exhortant à choisir entre "ouvrir un véritable processus politique ou faire valoir un pseudo contexte sécuritaire en #Corse, alors même que l'Etat français est, selon lui, responsable de l'assassinat d'Yvan Colonna".

"La question corse est politique. Assumez le poids de l'histoire", a ajouté le leader du parti indépendantiste Core in Fronte, minoritaire à l'Assemblée de Corse avec six élus.

De son côté le groupe d'opposition de droite à l'assemblée de Corse a exhorté les groupes politiques nationalistes à "appeler au calme". "Le débat démocratique est aujourd’hui menacé par la volonté d'en découdre d’une poignée de manifestants ultra-violents", ont ajouté les 17 élus du groupe "Un Soffiu Novu, un Nouveau Souffle pour la Corse".

Lors de sa visite en Corse, du 16 au 18 mars, peu après le décès d'Yvan Colonna, M. Darmanin s'était engagé à ouvrir "dès la première semaine du mois d'avril" des négociations sur "l'ensemble des problématiques corses", dont "l'évolution institutionnelle vers un statut d'autonomie restant à préciser".

Il avait également promis le "prompt rapprochement en Corse" de Pierre Alessandri et Alain Ferrandi, les derniers membres du +commando Erignac+ encore incarcérés.

Les deux hommes, incarcérés à Poissy (Yvelines), ont signé vendredi leur ordre de transfèrement à la prison de Borgo.