Loi Macron: les positions des groupes à l'Assemblée nationale

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Pierre Plottu
Publié le 17 décembre 2014 - 10:55
Mis à jour le 18 décembre 2014 - 09:45
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Emmanuel Macron en conférence à Bercy le 15 octobre.
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©Charles Platiau/Reuters
L'examen de la loi Macron à l'Assemblée nationale doit commencer le 26 janvier 2015.
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Les débats sur le projet de loi Macron ne doivent commencer que le mois prochain à l'Assemblée nationale, mais il est déjà dans toutes les têtes. Un examen qui s'annonce particulièrement difficile pour ce texte rejeté par beaucoup, de l'opposition à l'extrême gauche, en passant par les frondeurs socialistes et les Verts.

Les débats s'annoncent houleux. Alors que l'examen de la pléthorique loi Macron à l'Assemblée nationale ne commencera que le 26 janvier 2015 (et non le 22, comme annoncé auparavant), les groupes politiques ont déjà fait connaître leurs positions sur ce texte.

Il en ressort que l'opposition contre le projet de loi du ministre de l'Economie devrait surtout venir de l'intérieur même de la majorité. Un résultat pas tout à fait étonnant pour un texte que certains jugent d'inspiration libérale et qui crispe la gauche de la gauche depuis plusieurs semaines déjà.

 

Le PS fortement divisé

Les socialistes sont fortement divisés sur le texte. "Loi fourre-tout", "remise en cause de tous les combats historiques de la gauche", les députés frondeurs n'ont pas de mots assez forts pour critiquer le projet de loi porté par Emmanuel Macron. Pour la première fois, ils appellent même à voter contre ce texte, et non à s'abstenir. Le principal point de tensions devrait être la question du travail dominical que le ministre de l'Economie veut "assouplir", pour passer de 5 à 12 dimanches travaillés par an.

Attention toutefois: au vu des précédents votes, les députés frondeurs restent très minoritaires au sein du groupe PS, où ils rassemblent entre 30 et 40 députés sur 288. Pour autant, même si le gouvernement peut compter sur ses alliés du PRG, qui soutiennent le texte, le pouvoir de nuisance des frondeurs est bien réel tant la majorité socialiste à l'Assemblée est ténue, comme on l'a vu lors du vote du Budget 2015.

 

L'UMP unie (ou presque) minimise, l'UDI "perplexe"

Le groupe UMP s'est –sans surprise– prononcé contre ce texte. L'ensemble des députés du principal parti d'opposition devraient ainsi s'opposer à loi Macron, à l'exception notable d'Hervé Mariton. Le député de le Drôme a surpris en annonçant récemment qu'il voterait en faveur du projet de loi. "Les réformes proposées par ce projet de loi ne vont pas sauver l'économie française, mais elles apportent quelques améliorations utiles (…) il n'est donc pas nécessaire de s'y opposer", justifie-t-il. Le candidat malheureux à la présidence de l'UMP estime également que "les libéraux de l'opposition doivent être assez cohérents pour (l')approuver". Une remarque à double tranchant que la gauche de la gauche a dû apprécier…

Les députés UDI se disent quant à eux "perplexe", notamment sur la révision des statuts d'un certain nombre de professions réglementées. Ils ont ainsi déjà annoncé vouloir amender certains points de la loi Macron et faire des propositions.

 

Les Verts réticents

"On n'aborde pas ce texte avec un état d'esprit de soutien positif et enthousiaste", a récemment déclaré François de Rugy, le coprésident du groupe écolo à l'Assemblée nationale. Or, les voix de leurs 18 députés pourraient bien peser lourd dans la balance. Les Verts, qui ont obtenu le retrait d'un article concernant l'enfouissement des déchets nucléaires, restent circonspects et redoutent de larges modifications de la loi ALUR sur le logement (mise en place par Cécile Duflot). "C'est le texte qui, depuis le début du mandat de François Hollande (...), a la plus grande incertitude quant à son adoption", résume –avertit?– François de Rugy.

 

Les communistes vent debout

"Entreprise libérale", "dérèglementation sociale": c'est bien simple, pour le groupe communiste, la loi Macron n'est rien d'autre qu'un "recul social pris sous la dictée de Bruxelles". Jean-Luc Mélenchon a ainsi fixé une règle préalable à toute discussion avec les frondeurs: qu'ils s'engagent à voter contre, rien de moins.

 

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